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À l’occasion de la ‘Endangered Species Day’ célébrée aujourd’hui, la Mauritian Wildlife Foundation souhaite mettre en lumière deux espèces de papillons endémiques des Mascareignes, Eoophyla guillermetorum et Eoophyla reunionalis. Ces deux espèces appartiennent au même genre et sont visibles à Maurice et à La Réunion. Elles ont toutes deux étés observés à Cluny, dans le sud-est du pays, sur un terrain privé à proximité d’un cours d’eau, grâce à l’installation d’un piège lumineux.

Eoophyla guillermetorum
Ces papillons, mesurant environ 15 mm, ont la particularité de vivre en milieu aquatique : leurs larves possèdent des branchies trachéennes leur permettant de respirer sous l’eau. Elles se nourrissent principalement de plantes d’eau douce (macrophytes), telles que les nénuphars (Nymphaea spp), les potamots (Aponogeton madagascariensis) ou encore les lentilles d’eau telles que Lemna perpussilla.
Compte tenu de l’ancienneté géologique de Maurice par rapport à La Réunion, il est peu probable que ces espèces, initialement considérées comme endémiques de La Réunion, aient colonisé Maurice récemment. Il serait plutôt envisageable que le processus se soit déroulé dans l’autre sens. La découverte récente de ces papillons à Maurice met surtout en évidence le manque d’études consacrées à l’inventaire des papillons nocturnes à Maurice, contrairement à La Réunion où leur présence a été signalée bien plus tôt.

Eoophyla reunionalis
Eoophyla guillermetorum et Eoophyla reunionalis ont particulièrement sensibles à la quantité d’oxygène dissous dans l’eau, en raison de leurs larves qui respirent grâce à des branchies trachéennes. Ils dépendent également étroitement de leurs plantes hôtes. Si les cours d’eau se dégradent, ces plantes diminuent ou disparaissent, entraînant un déclin des populations de ces papillons. De plus, leurs chenilles, peu mobiles et entièrement aquatiques durant leur cycle larvaire, ne peuvent pas fuir une pollution accidentelle. Leur présence dans un site donné témoigne donc de la qualité de l’eau sur une période prolongée. Enfin, ils jouent un rôle important dans la chaîne alimentaire en servant de proies à de nombreux prédateurs, tels que les poissons et les libellules.
La réalisation d’inventaires en milieu aquatique, en comparant les espèces présentes dans des zones préservées et dans des zones modifiées par l’homme, contribuera à mieux définir leur valeur en tant qu’indicateurs biologiques pour Maurice.